Ayo Kanasura

A toutes les adolescentes attardées persuadées d'etre differentes des autres et

certaines qu'une vie fantastique les attend au coin de la rue . 

( Non , pas moi , non ... )

 

- Le 3 Mai 1934 à 6h25 , le  jeune  Ayo Kanasura , étudiant à l'ENCP (Ecole Nationale des Chimistes à Paris ) mettait au point un demelant pour cheveux gras , rêches et frisés . Il était  installée sur sa terrasse ,faisant à la fois office de bureau dans son deux-pièces, à Paris. Un crayon à la main ,il notait dans un petit carnet  les etapes d'invention de son produit, notant chaque petit détail , dessinant quand il lui était trop compliqué d'expliquer . Il conservait ce cahier precieusement sous son lit et défendait à quiquonque d'y jeter un coup d'oeil, il l'appelait le "cahier des potions"  .
Ce soir là à 23:22  , Ayo ajoutait une derniere touche à son produit : une once de framboise pour l'odeur .
A minuit moins le quart  , Ayo prit le chemin de la salle de bain et se décida à prendre une douche.Le jeune
Ayo entra dans la salle de bain et se faufila dans la douche,frémissant. Ayo chanta un peu. Il applicat de son invention  , massa sa masse de cheveux noirs avec soins puis prit son gel douche . Il r esta longtemps sous la douche,il serait même resté plus si sa soeur n'avait pas fait irruption dans la salle de bain. Il soupira puis sortit de la cabine de douche.Ses yeux exprimaient la contrariété , Il soupira une nouvelle fois et s'habilla lentement,prenant bien le temps de ne pas froisser sa nouvelle chemise , sans prendre le temps de se secher les cheveux , il s'était plongée dans un sommeil tout neuf et profond. Mais le jeune garçon s'était réveilé plusieurs fois dans la nuit,sans savoir la raison de ces réveils gênants.  .
Le lendemain matin , il constatait , devant le miroir de sa chambre ,que ses cheveux , habituellement bouclés , étaient incroyablement lisses et doux  . Petit à petit , tout lui revint en mémoire , la formule qu'il avait mis au point , elle avait marché , le produit était magique . Tout au long de la journée , il se passa les mains dans les cheveux , improvisant une publicité pour son shampoing . Ce jeune chimiste de 18 ans vit alors sa vie changer , une fois le produit vendu à une multinationnale de cosmetique , il démenageait au centre de la capital parisienne , et inventa demelants ,  gels douches et savon ... 
Au fil des années , il avait du acheter un 2eme , puis un 3eme carnet de potions . En 1936,  tandis qu'il faisait le tour des orphelinats du monde , il rencontrait Marylin Monroe , alors agée de 10 ans  , et lui offrit un de ses shampoings saveur agrume . C'est à elle qu'il signa son dernier autographe , car en sortant , des manifestants déguisés en animaux lui tirérent une balle dans la tête ,ils protestaient contre la présence de sang animal dans les shampoings .


I. La vie se résume parfois à une histoire de café, et au peu d'intimité qu'une tasse de café peut créer.Richard Brautigan (1935-1984)

 ; Paris , le 5 Avril 2009

 

Je descendait les marches , les joues rouges , telle une adolescente attardée , non que je n'en sois pas une , mais cette fois , c'était évident , les mains dans les poches , fringuée comme un sac , des cernes jusqu'aux joues avec cette coupe ratée ,  digne des séries télé des années 80 , je m'étais levé tôt , pour un Samedi matin , mon petit frére avait besoin de lait , on m'avait donc envoyé le lui chercher .

Je croisais le concierge , à l'entrée de mon immeuble  en partant : comme à son habitude , il était assis sur sa chaise en bois  , il lisait le journal , quand il me vit , il m'adressa un sourire moqueur ,  je remarquai une rangée de dents noires et jaunes , il avait ouvert grand les yeux, il m'effrayait , quand il avait ce genre d'expression au visage , j'avais envie de prendre mes jambes à mon cou :

" - Alors mademoiselle , on se balade ? "

Non non , je tricote , je lui rendit un sourire poli : "Oui ... "

L'expérience m'avait appris qu'il fallait mieux faire profil bas quand on était surpris par un adulte en quête de sadisme. Délibéremment, je choisi de ne répondre que par l'affirmative ou la négative.

"- Et vous ne seriez pas en train de machiner quelque chose , par hasard ? " perquisitionna-t-il, très lentement, se délectant de chacunes de ses paroles.
Si, si, je me rends à une réunion qui projette de vous pendre  et de vous scalper pour voler dans votre placar à balais . "Non ... " .

En plein fou rire interne, je mis mon capuchon et marchais , en direction de la superette : une petite sonette  annonça mon arrivée , la vendeuse leva la tête , m'adressa un simple bonjour , puis , sans me laisser le temps de répondre , elle se remit à lire le bouquin qu'elle avait entre les mains . Je cherchais le rayon surgelés quand  un panneau d'affiches retint mon attention : des publicités , on pouvait voir un homme ,  vanter les vertus des "Bios-gourmands", un sachet de sucreries à la main ,  je connaissais cette affiche , je l'avais vue une centaine de fois , l'homme , c'est mon père , il a une société de fabrications de bonbons , chocolats et gommes bios , ne me demandez pas qui sons ces clients , je ne saurais vous répondre . Je continuais à me balader dans la superette , j'achetais le lait , des cereales , du shampoing "Ayo" , des chocolats et toute sorte d'autres produits necessaires à ma survie ...

Quand vint le moment de passer en caisse , la jeune fille poussa un long torrent de grognement , je devinais qu'elle m'agonissait d'injures , les termes étaient presques éloquents . Je l'avais sans doute poussée à poser son livre a un moment décisif , je lui adressais un bonjour joyeux , elle acquiésait , et me rendit le salut .

Chargées de paquets, mes bras restaient le plus immobile possible , Afin de ne pas tout faire tomber, je jouais la carte de la prudence. Tout en évitant les poubelles, les flaques ou encore les rares personnes qui étaient levées à cette heure-ci un samedi  , j'errais là sans crainte.
Sûre de moi, mes pas étaient précis et ma démarche régulièrement légère , en rentrant , je 
remarquai plusieurs personnes assez intéressantes. J'ai toujours trouvé plaisant à m'imaginer la vie des passants que je croisais dans la rue, rien qu'en regardant leur façon de s'habiller, de marcher, leurs gestes et mimiques , c'était un jeu que j'avais inventé avec ma petite soeur , histoire de passer le temps ...

J'arrivais devant mon immeuble , je jetais un coup d'oeil au concierge , qui n'avait pas bougé , lui m'ignora , il ne voulait certainement pas m'aider à porter mes paquets , Je montais donc difficilement les marches , clopin clopant , j'habitais au 3eme étage , arrivée au 1er , les escaliers me paraissaient interminables , je trainais mes sachets derriére moi comme des boulets d'un poid incommensurable ! Je ne savais pas trop comment j'allais m'en sortir tant les courses étaient pesantes mais il fallait bien reussir  .Toutes les trois marches , je m'asseyais et je respirais une grande bouffée de cette air enfumé . C'était un peu mon carburant , à chaque nouvelle dose je repartais de plus belle pour ensuite m'affaler deux mêtres plus loin . Maudit soit celui qui a l'ascenseur . C'est ainsi , qu'aprés facilement 20 minutes d'intenses efforts je reussis enfin à atteindre la porte de l'appartement , je rangeais les courses à leurs places  , aprés quoi je m'en allais voir ma boite mail ,  elle croulait de courrier indesirable. Je remarquai , qu'entre 2 publicités il y avait un message "sans objet" , je reconnus tout de suite l'adresse , c'était Lucy , j'ouvris le message :


Ma trés chere Angie .

Je me suis levée tôt , ce matin , et j'ai regardée pas la fenêtre . J'ai réfléchis , et j'ai fini par trouver une raison à ton malheur , toi , pauvre adolescente attardée : Les comedies romantiques ! Tadaa ! Tu ne me comprends donc pas ? Elles te donnent une idée complètement biaisée de la réalité sentimentale et fausse ta conception de la relation amoureuse au point de pouvoir la détruire ! Tu te ferais ainsi une idée complètement irréaliste de ce que peut être la vie amoureuse, influencée à l'extrême par les films qui perpétuent ces idées. Tu entretiens donc l'espoir d'un amour prédestiné, ou que l'on peut spontanément tomber amoureux, alors qu'il s'agit de liens qui se créent sur plusieurs années .  ( Un peu comme avec Walter ). 

Je te dis ça maintenant , car je sais exactement ce qu'est l'amour , oui oui . Depuis hier soir , plus exactement , bon , j'attends de te voir pour te raconter. Gros bisoux , Lucy .

P.S : Plus tard , je veux faire psy .


Je pressais le bouton "Répondre" , devant moi , une page blanche s'affichait . Je n'aime pas que l'on se moque de moi. Personne n'a le droit de me traiter d'attardée sinon moi-même . et je ne suis pas malheureuse . Quant à Lucy , je suis que ses futurs patients deviendront bien plus fous que ce qu'ils sont déjà . Et je n'abuse pas des comedies romantiques . Je fermais ma boite mail . Je n'aimais pas les nouvelles technologies . Je préférais de loin parler "en direct" à  Lucy , lui avouer bien en face à quel point elle me rendait folle .

Le reste de la journée , je fis mes devoirs . Et le soir , vers 22 heures , je recevais un appel de William , je n'hesitais pas une seconde à décrocher:

<< - YO ! Angiie ! Comment va ? Ca , c'était du William tout craché , sa façon de me dire , "Bonjour Angie , ça fait un bail , comment vas-tu ? "

- Oh .. Bah ... ça va trés bien ... Mais toi ?!

- Ouais .

Un ange passe , je savais bien qu'il avait quelque chose à me dire , c'était évident . William n'est pas le genre à appeller juste pour prendre de mes nouvelles . Ma présemption finit par se confirmer  lorsqu'il fini par me demander :

" Bref , je t'appelais ... Pour demain , dimanche ... ça te dit de sortir , pour un petit tour ... Moi , toi , la Prima Donna  & son nouveau copain .

Qu'il m'invite m'enchantait . Prima Donna est le surnom que nous avons attribué à Lucy . égocentrique, déraisonnable et irritable, mais dont on ne peut cependant pas se passer .

- Oui ... oui ! Pourquoi pas , je veux dire , ça tombe bien , je n'ai rien à faire , demain . Bref .. Tu passes me prendre ? "

C'est ainsi que nous nous mîmes d'accord sur l'heure , l'endroit et tout le reste . On a décidé d'aller faire du vélo , dans le parc , et d'aller prendre une glace ensuite , le vélo , c'était son idée , et la glace , la mienne . 2 heures plus tard , j'étais dans mon lit , à révasser , sans pouvoir fermer l'oeil , j'étais trop excitée . Aussi , je n'ai jamais aimé compter les moutons. J'ai bien essayé, quelques fois pour dormir, mais en vain. Alors je ne compte pas, je ne compte rien. Si je me trouve dans un endroit à attendre, je ne compte pas les tuiles au plafond, je ne cherche pas à savoir combien de lattes forment le plancher. Le temps ne passe pas plus vite, et je ne m'en trouve pas plus apaisée. Souvent, dans ma tête, je me fais des trames de films.Je vois des images, j'y ajoute de la musique. Et parfois, lorsque je crois vraiment à mon roman, je m'imagine qu'on le trouvera si bon qu'on en fera une adaptation cinématographique. J'ai de ces rêves comme ça. Ça m'arrive, oui. .

Dimanche matin .

La sonnerie du téléphone me retira de mon sommeil . J'avais bien dormi , j'avais beaucoup dormi . Je jetais un coup d'oeil au réveil , sur ma table de nuit . Je sursautais : Midi. Midi ! Comment avais-je pu dormir autant . C'est incensé . INCENSE ! Aprés avoir pris une douche , et séché mes cheveux , je me rendis à la cuisine , toute ma petite famille y était réuni : Mon petit frére de 6 ans , ma grande soeur , étrange créature de 16 ans , mon père et ma mère . Personne ne semblait s'être rendu compte de mon absence , Il y avait une bonne ambiance , à table : ils papotaient , déjeunaient , la télé étant allumée , dans le salon . Je pris  mes couverts dans la cuisine puis m'asseyais : 

<< Au fait maman , je sors , tout à l'heure ... avec des amies .

- Bien , sois sûre d'etre là avant 7 heures, histoire d'aider ton petit frére à faire ses devoirs .

- Oui , oui , sans probléme  .>>

C'est ainsi , qu'aprés avoir déjeuné , je m'habillais , d'une jolie robe rose , Je tirais mes cheveux  vers l'arriére , à l'aide d'un bandeau  . gugougogugogugougogugoguggigugiguigugiugigugi

une fois devant le parc , je vis Lucy , un jeune garçon blond et William .


Lucy est trés grande de taille , elle est maigre . Elle a de longs cheveux blonds ondulées , ses yeux sont d'un beau vert clair , qui avaient une drole de couleur au soleil . Elle a une bouche trés fine , trés petite , mais trés occupée .  Un petit nez et des pomettes rouges , saillantes . Elles portait habituellement  des robes et des jupes et mettait trés souvent une barette pour attacher la franche ratée qu'elle s'était coupée elle même il y a 2 mois . Elle est drôle , intelligente et trés expansive , communicative . Mais elle a aussi des défauts , elle peut être vaniteuse , avec une grande opinion d'elle même . Mais on ne peut pas se passer de notre Prima Donna . Elle porte une petite robe jaune qui lui arrive aux genoux , des sandales à pois roses et jaunes et a à la main un petit sac , assortie à ses ballerines . Prés d'elle se tient un grand blond , il porte une chemise blanche et un pantalon beige . Il a de grands yeux verts , lui et Lucy se tiennent par la main . A l'ecart , William  porte une chemise à carreaux bleus et blancs , et un blue jean , ses cheveux noirs jaie sont craquants , ainsi négligés , partant dans tout sens  . Il plit legerement ses grands yeux bleus , il cherche quelqu'un . Son regard se posa  sur moi . J'en oubliais de respirer . Il écarquilla les yeux . De mon côté , j'avançai lentement vers eux .

<< - Petite Angie ! Tu es venue ! s'écria Lucy , elle se jeta sur moi , j'en perdis l'équilibre et on se retrouva toutes les deux étalées sur le gazon . Les garçons riérent . William m'aida à me relever .

- Salut . Il m'embrassa sur la joue , j'en rougis de plaisir . 

- Salut Angie . Le garçon blond me tendis sa main , je la saisis . Je suis Gabriel . On m'a beaucoup parlé de toi . Il parait que t'es sympa .

- Ouais ... Merci ... >>

Quelques minutes aprés , Gabriel et William discutaient comme s'ils se connaissaient depuis toujours , Lucy vint s'asseoir prés de moi , je lui enlevais l'herbe qu'elle avait dans les cheveux .

<< - J'ai reçu ton mail , et tu as tort . Je ne suis pas malheureuse ,et je ne regarde pas tant de comedies romantiques que ça .

- Peut-être , j'essayais juste de t'aider ... Bon , comment tu trouves Gabriel ?

- Il est bien , il parait gentil , il te ressemble , tu as ma bénédiction .

C'était comme ça , entre Lucy et moi , si je n'approuve pas son choix de petit-ami , elle ne sortait pas avec lui . Même chose pour moi . C'était son idée . Quand nous avions 10 ans , on notait l'amoureux de l'autre . Il nous arrivait de nous chamailler car je croyais que si elle ne voulait pas que je sorte avec Julian , c'était parce qu'elle était jalouse . Aujourd'hui encore , il m'arrive de penser à ce qui aurait pu arriver si je ne l'avais pas écoutée , tous ces garçons avec lesquels ça aurait peut-etre pu marcher ...

Je continuais à discuter avec Lucy , puis avec Gabriel, quand William , s'ennuyant, nous proposa de louer des vélos pour faire un petit tour de la capitale . On a accepté volontiers . Les garçons nous aidérent à nous relever , Lucy et moi . C'est ainsi que quelques minutes aprés , on était , tous les quatre , pédalant , sur les champs Elysées . Des jeunes enjouées , insouciants ,  un Paris romantique . Je me sentais légere , élégante , pleine de vie .  A 7 heures , William m'accompagna chez moi, nous avons monté les marches de mon immeuble en silence . Le silence m'est cher , le mien , tout particuliérement . Je ne sais jamais quoi dire , ma capacité à communiquer à l'oral laisse à désirer . C'est fou comme je peux m'empetrer dans les mots , en parlant . Une fois devant la porte de mon appartement  , je sortis les clés de mon sac et ouvris la porte .

<< Tu veux peut-être entrer , manger quelque chose ... Non ?

- Non , mais merci, Angie . A demain !

- A demain , William . Et je l'embrassais sur la joue , comme il l'avait fait plut tôt , dans la journée . Lui sourit  .Je lui adressais un dernier signe de la main avant de refermer la porte derriére moi . Le reste de la soirée , j'aidais mon petit frére à faire ses devoirs , comme je l'avais promi à ma mére .

Lundi

Je me dis qu'il pleut trop, que c'est une journée pour rester en dedans. Pour se traîner du lit au divan, puis du divan à la chaise d'ordi, et encore au divan, pour finir au lit. Le tout avec une couverture sur les épaules, les cheveux pas très bien retenus par une pince. Les lunettes au lieu des verres de contact. Un t-shirt délavé et des pantalons amples .

Je me dis que c'est la journée idéale pour se taper tous les épisodes de la première saison de Skins. D'aller voir aux heures s'il se passe quelque chose sur Facebook. Et de manger beaucoup de légumes, du fromage et d'Haribos . C'est une journée pour se taire, pour écouter. Pour entendre la pluie trop forte.
Puis je me rappelle que je ne suis pas en congé aujourd'hui et que je ferais mieux d'aller au collége .
Je mis un vieux T-shirt et un pantalon ample quand même . Je tirais mes cheveux vers l'arriére et les attachais à l'aide d'un élastique , puis je pris mon sac , et sortis de mon immeuble ,pour aller au collége .
Une fois là-bas , je rencontrais William . Il avait ouvert grand ses magnifiques yeux bleus et avait souri en me voyant . J'étais contente de le retrouver .
<< - Bonjour ! 
- Angie ?! c'est bien toi ?! Wow ! tu es tellement differente !
- Oui , oui , c'est bien moi ... C'est ce foutu vélo . Je suis fatigué , j'ai mal aux pieds ...
Il me souleva , les gens nous regardaient , j'étais dans ses bras , quand Lucy et Gabriel vinrent à nous .
<< C'est quoi , ça ?!  Elle me désigna du doigt .
- Salut Lucy , dis-je , je suis contente de te retrouver  moi aussi ... , je me retournais vers William , Tu veux bien me reposer , s'il te plait . Merci .
- Tu as une sale mine , remarqua Lucy .
- Je sais .
La sonette retentit , nous allions en cours , quand William me prit par le bras , pretextant vouloir me parler , je hochais la tête :
- Voilà , Angie , je crois être amoureux ...
- Je crois l'etre aussi . Je lui avais souri timidement, lui m'avait prise par la main et m'avait accompagné en cours . Les deux heures suivantes étaient barbantes , je dessinais des petits coeurs sur mon cahier , alors que notre prof d'histoire nous expliquait comment la france aurait pu éviter une telle crise.
Je ne connais pas la crise . Aujourd'hui , du moins, je suis heureuse . Mon coeur voletait comme les ailes d'un colibri . J'ai des amis fantastiques ,j'ai renoué avec mon vélo ( les os de mon posterieur en souffrent , mais j'en mourrais depuis 1 an déjà , de me remettre à pédaler) Et j'ai un petit-ami . Un petit-ami tellement beau , tellement mignon , telle ment ... La sonnerie annonçant la fin des cours me tira de mes reveries . 

II. Les gens ont besoin d'un peu d'amour, et bon dieu que c'est triste, parfois, de voir toute la merde qu'il leur faut traverser pour en trouver. Richard Brautigan (1935-1984)

Pendant deux semaines , je ne faisait qu'aimer . Aimer , aimer , aimer . Je l'aimais de tout mon coeur , de tout mon esprit . Je suis folle de lui . Je mange , je bois , je respire en pensant à lui .
Je me réveillais à 07h00 ce Samedi . A cette heure-ci , la moitié de la population dort encore tranquillement dans leur lit . certains rentrent de leur travail ou d'une fête . D'autres se lévent pour aller au travail ou à la pêche . Moi , je me suis levée parce que je n'arrivais pas à dormir . J'étais surexcitée à l'idée de passer une journée entiére avec lui , comme à chaque fois .
Je pris une douche puis filai devant mon armoire . Je pris mon tee-shirt préféré , un haut couleur rose . Un pantalon beige fera l'affaire . Je descendis à la cuisine , ou je vis mon petit frére pleurer , le bocal de son poisson rouge à la main .
<< - Jamie ?! Jamie , ne pleure pas mon amour , ne pleure pas . >>
Il releva la tête , je vis son visage mouillé , il écarquilla ses grands yeux marrons , je pris des mouchoirs et lui enlevaient les larmes qui dégringolaient le long de son visage .
<< - Qu'est-ce qui s'est passé ? 
- Je suis descendu , et j'ai commencé à chanter ... Mais lui , il ne me répondait pas .. , il est mort , Angie , mort . Me répondit-il entre deux sanglots .
- Mort ? Tu es sûr  ? , demandais-je , lui hocha la tête , Eh bien moi , continuais-je , je crois qu'il ne fais que dormir . Et que si tu le réveilles , il va vraiment , vraiment t'en vouloir .
- Tu crois ? Il avait ouvert grands ses yeux , une lueur d'espoir dans son regard .
- J'en suis sûre .
Il m'avait prise dans ses bras :
<< - Merci , Angie , merci .
- Vas dormir , maintenant , vas ! >>
Je pris mon petit déjeuner et mis mon écharpe avant de me rendre à l'animalerie la plus proche . J'avais mis le poisson mort dans un petit sachet en plastic , dans mon sac .
<< - Bonjour , madame ...
- Mademoiselle , me coupa la vendeuse .
- Oui , bon ... Je cherche un poisson rouge , semblable à celui-ci . Je lui montrais le poisson mort .
Elle me regarda , amusée : << - Ils sont juste derriére vous , mademoiselle . >>
Je me retournais . Une centaine de poissons rouges nageaient dans un grand bocal , juste au centre du magasin . Ils se ressemblaient tous . Il fallait faire vite , j'en désignais un , au hasard : << - Je vais prendre celui-ci , dis-je à la vendeuse . >>
Le poisson dans un verre d'eau , je courrais en direction de mon appartement , je jetais le poisson mort et mis le nouveau dans le bocal , puis montais dans ma chambre , à peine avais-je eu le temps de faire mon lit . Car je fus obligé de calmer mon petit frére ,qui , en voyant le poisson se réveiller , avait commencé à crier , des cris de joie .
<< - Il était pas un peu plus clair , ton poisson , Jamie ? Avais-je entendu ma soeur lui demander .
- Si tu avais suivi tes cours de science , tu saurais que le poisson , ça change de couleur une fois par an . C'est normal ... , lui expliquai-je , c'est les globules rouges  , quand ils sont contents , le poisson est content , et du coup , bah il change !  ...
- Tout à fait , avait répondu Jamie . Tu ne te souviens pas , l'année derniére , et l'année d'avant , quand il avait pris du poids ...
- Ah ! oui ... Tu as raison , Angie . Elle avait comprit  , enfin , elle m'adressa un clin d'oeil .
- Je suis désolé , petit poisson , si je t'ai réveillé , cette nuit . Ne m'en veux pas ... Disait Jamie .
- Mais bien sur qu'il ne t'en veut pas . Et saches que moi aussi je ne t'en veux pas de m'avoir réveillé à 9 heures . >>

J'étais assise devant mon télephone , à ne rien faire . J'attendais . J'attendais que mon amoureux m'appelle . J'attendais qu'il m'invite . Pour sortir de ce trou . William téléphonna , comme prévu . Il proposa de passer me prendre , j'acceptais volontiers . Quelques minutes aprés , on était assis côte à côte . Main dans la main , dans le bus . On s'était arrêté devant un fast-food ou nous avions commandés des plats à emportés que nous avons mangé au parc . On parlait , on rigolait . A un moment , le silence s'était installé , j'avais arrêté de mâcher . Lui me regardait , je me sentis gênée et baissais les yeux . Il passa son doigt le long de mes lévres pretextant vouloir en enlever de la sauce . J'avalais ce que j'avais dans la bouche , lui continuais de me regarder : << Je t'aime Angie , tu sais . >> Ce n'était pas la premiére fois qu'il me disait <<Je t'aime >>, mais celui-ci était différent . Je ne sais pas en quoi mais je le sens . Il était plus sincére , plus sérieux . Je baissais les yeux , une réaction stupide de ma part , j'aimerais pouvoir le lui dire , lui dire que je l'aimais . Lui dire que je ne pouvais me passer de lui , mais à chaque fois que j'ouvrais la bouche , je n'y arrivais pas . Comme si ma bouche n'obeissait pas à mon cerveau , à mon coeur . Sale bouche ! Stupide bouche ! Si mon coeur pouvait parler , il le lui dirait . Il lui dirait qu'il l'aime . De tout son être .
Le reste de l'aprés-midi , on s'est baladé le long de  la seine . Quand vint le moment de rentrer . Mon amoureux m'accompagna . On était devant la porte de mon immeuble :
<< -Au revoir , Angie
- Bye William >>
Il commençait à s'éloigner : << Attends ! Avais-je crier , assez fort pour qu'il puisse m'entendre , lui c'est arrêté et c'est retourné pour me faire face , Je ... Je t'aime aussi , tu sais . C'est tellement agréable d'avoir le coeur qui bat à 2.000 à l'heure, la gorge nouée et le sentiment d'être rouge écarlate . Il avait souri , il ne s'y attendait pas . A Lundi , mon William , a Lundi . >>

Index des chapitres
2 eme chapitre : Behlane ; je t'aime et machin tout
3 eme chapitre , elle met le shampoing et tout
4 eme chapitre : le meurtre -
5 eme chapitre : Edward <3 - accident avec William - hopital psychiatrique [?] - Edward <3- Noel -
6 eme chapitre ; La balle en argent xD - l'eau benite et  les gousses d'ail - Lucy

III. Le monde entier n'est qu'un accident effroyable, avec quelques incidents agréables mêlés à la masse.  Olaf Stapeldon (1886-1950)

Des portes s'ouvrirent . Quelqu'un me tenait par le bras . Je levais la tête ,et reconnus , malgré la barbe et les cheveux blancs, mon pére .  Une musique commença . Je marchais , tout le monde me regardait . Il n'y avait que des personnes que je connais . Ma mére , ma soeur et mon frére . Lucy , Gabriel ,ils étaient tous plus vieux . Je plissais mes yeux en demi-lune . William était en costume , au fond  de la piéce , il souriait en me regardant . Je baissais les yeux . Ma vue était floue . Un voile blanc fin me couvrait le visage . Horreur . Mon cri avait résonné dans l'église , l'orchestre avait arrêté son interpretation de  la fameuse 9eme symphonie de Beethoven . On me regardait , les yeux ronds . << Non ! avais-je protesté , Non , non , non ! >>
Je me réveillais en sueur . et decidait de prendre une douche . Je me deshabillais , et pris une minute pour remettre mes idées en place ,pour y voir plus clair . Je reçus un jet d'eau froid droit dans la figure . Je me retournais pour l'éviter . Je vis la pleine lune , par la fenetre . Quand j'étais petite , on m'avait dit que la lune n'était qu'une voleuse . Que toute cette lumiére , elle la volait au soleil . J'ai commencé à la detester . << Stupide lune ! lui disais-je , Stupide lune . >> Je me rappelle , de ma conversation , avec mon père . On était sorti , un soir , j'avais 3 ans :
<< - Ch'est quoi , ch'a ? lui avait-je demandé .
- Ca , ma chérie , c'est la lune .
- Je l'aime pas ! Eteins-là ! >>
Je ris à ces souvenirs . Je mis du shampoing directement sur mes cheveux . Ce shampoing Ayo , j'en humais l'odeur fruitée .Je massais ma chevelure rêche . J'avais envie de retourner dans mon lit . De dormir . Je me laissais glisser le long de la vitre en verre de la douche . Des gouttes de shampoing coulaient le long de mon visage . Je me grattait l'oeil , oubliant que j'avais du shampoing plein les mains , je voyais flou . Je baissais la tête . L'eau entraina  une vague de shampoing , juste quand j'ouvrais la bouche pour pousser un gémissement . Je crachais , crachais . Le gout immonde du shampoing ne voulait pas s'en aller . Je ne finis pas de me laver . Je me rinçais rapidement les cheveux , mis un pyjama et allai me glisser dans mon lit . Les yeux rouges , les cheveux mouillés et avec le gout sucré du produit dans la bouche .

Je me réveillais le lendemain matin . Je n'étais pas sure de ce qui c'était passé la veille : le cauchemard , le shampoing ...  J'ai du mal à croire  que j'en ai bu . Je jetais un coup d'oeil au réveil , sur ma table de chevet : 08:10 . C'était la toute premiére fois , depuis quelques mois déjà  , que j'étais heureuse , sans raison apparente . J'étais heureuse , tout simplement . Je me levais et  fis ma toilette . Je me rendis ensuite dans la cuisine , ou je fis des gauffres au chocolat . Une dizaine de minutes après , mon petit frère me rejoignit , dans la cuisine  .
<< C.'est délicieux , Angie , vraiment . Tu peux me passer la chantilly s'il te plait ? 
Je la lui apportais , il avait un sourire craquant aux levres . En l'attrapant, il effleura ma peau . Laissant tomber la chantilly , il porta sa main à sa poitrine :
- Aïe ! Tu ... Tu es chaude , tu m'as fait mal , t'es malade ?
Je ramassais la chantilly et la lui retendis .
- T'exageres , Jamie , tiens .
J'allai me laver les mains . L'eau semblait s'évaporer au contact de ma peau . Mes ongles ,  habituellement rongés jusqu'au sang , avec une sorte de demi-lune blanches à leur base , avaient poussés , et devenaient rougeâtres , je ne sais pas si je rêve , mais même mon  index et mon majeur semblaient de la même longueur .
Les semaines passaient , je devenais de plus en plus étrange , mes sens étaient plus développés , je pouvais entendre de ma chambre ce que se disaient  les touristes , sur le sommet de la tour Eiffel , et trés souvent , je ne comprenaient pas ce qu'ils se disaient, je pouvais sentir les tartes qui sortaient du four de notre voisine du 3eme étage . Je n'ai parlé à personne de mon "don" . Bien qu'il ne me servait pas à grand chose dans ma misérable petite vie de collégienne . Mais moi , qui étais plutôt curieuse , j'aimais sentir les couscous , les fajitas , les pizzas , tout juste sortis du four , partout  dans le monde  .  J'apprenais beaucoup . Je ne cherchais pas à savoir comment ou pourquoi je pouvais le faire . Ca m'était égal . J'étais heureuse , et c'était le plus important .
<< - Mais pourquoi cette manie de vouloir trouver des explications à tous les actes de la vie ? >> Avait dit Ernesto Sabato .
Je pouvais entendre Lucy , Gabriel , William parler . Je fus choquée de l'insolence de Lucy envers ses parents et de la gentillesse de William avec son petit frère . La vie suivait son cours , presque normalement , j'essayais de toucher les gens ou de me laver les mains le moins possible , du moins en publique .[ Un mois allait bientôt s'écouler .  ]

IV . Ce que je suis dans l'esprit de tout le monde n'est pas forcément ce que je suis. André Roussin
1911-1987





Biki bkiki biki

Une semaine passait , puis une autre , puis une autre . La routine commençait à me peser . Et à chaque début de semaine , j'attendais le Week-end , pour sortir , décompresser , avec mon William . C'était Mon William et j'étais Sa Angie , on était le couple du lycée . Je me sens chanceuse . Trés chanceuse de l'avoir lui . J'étais sur un petit nuage .
Cette nuit-là , j'ai rêvé qu'on








 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site